Recourir à l'IA pour aller mieux ?
Depuis plusieurs mois, j’observe dans mon cabinet de plus en plus de personnes qui abordent la question du recours à l’IA, que ce soit dans un souci d’efficacité (au travail, dans la gestion de la vie quotidienne,…) ou dans une démarche de bien être, comme outil et compagnon de route pour aller mieux.
L'IA, un outil pas comme les autres
Recourir à des outils pour être plus efficace ou pour aller mieux n’est pas nouveau, même si l’accélération du développement de ces outils et la démocratisation de leur usage se sont faites de manière exponentielle depuis que je suis devenue psychologue clinicienne il y a 7 ans.
Une partie de moi déplorais déjà l’impact de la montre connectée qui rappelait par exemple de faire une pause au travail pour marcher un peu, boire un verre d’eau, s’étirer. Tandis qu’une autre partie de moi constatait que sans cela, les solutions demanderaient trop d’effort ou de changement intérieur pour qu’elles puissent se déployer naturellement (= sans machine). Objectiver et activer des alertes à partir de données physiologiques n’est pas nouveau et peut être tout à fait utile,… dans un certain cadre !
D'une volonté d'objectivité au biais de confirmation
En effet, le recours à l’IA pour aller mieux pose question à plusieurs égards. Il ne s’agit plus seulement de programmer ou d’accepter le fonctionnement d’un outil avec des bénéfices clairement affichés et cadrés (suivre son sommeil, son état physique,…). Il s’agit de « discuter » avec une machine, de la programmer soi-même, c’est-à-dire de l’entraîner à partir de ses propres réflexions pour la rendre plus « intelligente », ou plus malléable, à notre image.
L’une des motivations au recours d’une IA (Claude, ChatGPT, Mistral AI, Google IA…) est la recherche d’objectivité, de vérité absolue (au vu de la presque infinitude de données croisées) pour apporter des réponses, tout en se sentant préservé de tout jugement humain. Pourtant, chatter avec une IA, c’est également se regarder dans plusieurs miroirs grossissants, variant selon nos pensées qui peuvent être parfois ambivalentes, et en cela les réponses sont très subjectives. De nombreux partages sur le sujet (articles, documentaires, conférences,…) mettent ainsi en avant la notion de biais de confirmation et l’importance de prendre du recul à ce propos.
Ainsi, plus on est perdu(e), plus on peut s’y perdre. Plus on est certain(e), moins on parvient à nuancer nos réflexions et à prendre des décisions libres et éclairées.
Pourquoi consulter un(e) psychologue reste pertinent en 2026
Les psychologues s’accordent à penser que la démarche de consulter n’est pas facile. Elle demande du courage, pour se montrer vulnérable, pour plonger en soi, avec authenticité et bienveillance. Les effets sont rarement immédiats et miraculeux, ils résultent d’un cheminement et ils ne sont pas uniquement dépendants d’une méthode ou d’un(e) thérapeute.
Voici 3 raisons en résumé qui invitent à maintenir l’effort de ce type d’accompagnement humain (battle IA / IH
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Le cadre thérapeutique
Même si cela peut parfois sembler frustrant, une séance de psychologie et plus largement un accompagnement thérapeutique ont un début et une fin, ainsi que des règles claires, transparentes et stables dans le temps (cadre de référence théorique du psychologue, tarifs, horaires, modalités d’annulation,…). De son côté, l’IA est disponible 24h/24, avec des algorithmes qui changent à vitesse grand V. Cela invite malheureusement également le cerveau et le mental à générer toujours plus de questions alors que faire confiance au temps, à son corps et au repos mental peut faire émerger des réponses plus alignées avec soi-même.
En savoir davantage dans mon article : Quand le corps devient un allié en thérapie - L’empathie incarnée et authentique.
Au-delà de son cadre de référence théorique, le/la psychologue travaille avec un outil précieux : lui-même, son humanité, son empathie. Contrairement à l’empathie apparente exprimée par une IA, celle du psychologue n’est ni apprise, ni feinte, elle est simplement authentique.En effet, le/la psychologue est un humain comme un autre, avec des émotions, des pensées, des ressentis. Toutefois, il/elle prend soin d’observer et prendre du recul sur ce qui le/la traverse, notamment au cours d’une séance ou d’un accompagnement thérapeutique (et le travailler en supervision si besoin). C’est ce qui lui permet de garder la juste distance et d’exprimer uniquement ce qui peut être utile dans le processus thérapeutique.
Cette empathie, par définition subjective permet une compréhension plus profonde et incarnée de ce que vous traversez, ce qui ne peut pas être le cas d’une machine, sans corps, sans conscience, sans rapport au temps subjectif.
Vous pouvez retrouver mes valeurs, dont l’authenticité dans la rubrique À propos -
La relation thérapeutique.
Le cadre sécurisant d’une relation thérapeutique (entre 2 humains, patient/psy) offre une possibilité de développer une meilleure compréhension et empathie envers soi-même. De plus, l’observation de sa propre évolution dans cette relation particulière peut amener des changements profonds dans son rapport à soi et aux autres.
Il arrive régulièrement que les problématiques des patients trouvent leur origine dans des expériences ou dynamiques relationnelles passées. Il peut s’agir des tous premiers liens dans l’enfance (cf. théories de l’attachement de Bowlby, avec la figure d’attachement principale), des relations qui se tissent ensuite au cours de la vie, ou encore de la relation que l’on entretient avec soi-même. La relation thérapeutique qui se co-construit entre patient et psychologue peut permettre une forme de réparation dans le rapport à l’autre, fragilisé par des expériences du passé.
Pour en savoir plus sur ce que les relations interpersonnelles peuvent apporter d’un point de vue individuel, je vous propose l’écoute de mon podcast : S’écouter pour mieux communiquer et pour aller plus loin, plonger dans l’Atelier Centrage
